L'aliéniste, l'artiste et la dégénérescence au XIXe siècle : Ibsen et Zola

Jean BORIE

Faculté des Lettres, Université de Neuchâtel, Suisse
Rue du Rocher 45, 2000 Neuchâtel, Suisse
Tel. 32-7253112

 

L'étude de l'hérédité, qui est aujourd'hui du domaine de la biologie, est encore, au XIXe siècle, une province de la médecine  aliéniste . Dans la seconde moitié du siècle se multiplient les traités de l'hérédité morbide, de la  dégénérescence , processus fatal dont le terme ultime est la démence. Les aliénistes repèrent, aux marges de la société, des familles  que le mal a choisies . L'écrivain qui, par sa vocation, participe de cette pathologie (le  génie  est un symptôme du mal héréditaire au même titre que le crétinisme ou la perversité) hésite, menacé par ce diagnostic, entre plusieurs attitudes : gloriole, angoisse, imitation de la médecine. En 1890, Antoine, directeur du Théâtre-Libre, représente pour la première fois en France une pièce d'Ibsen (Les Revenants), un peu à l'instigation d'Emile Zola. Zola lui-même publie en 1893 le dernier roman des Rougon-Macquart, Le docteur Pascal. Dans la pièce d'Ibsen comme dans le roman de Zola, le héros se trouve sous le coup d'un verdict médical. Un affrontement a lieu, dont l'issue n'est pas la même chez les deux auteurs, entre la folie menaçante et la raison libérale qui tente, par la publication des secrets, par une confession cathartique, de triompher des fantômes héréditaires.

 

Panel 4C   (Degeneration)
Wednesday, 15 September 1999
09.50

The Neurosciences and Psychiatry: Crossing the Boundaries

Joint Congress of the European Association for the History of Psychiatry (EAHP), the European Club for the History of Neurology (ECHN), and the International Society for the History of the Neurosciences (ISHN)

Zurich and Lausanne, Switzerland, 13-18 September 1999